Donner son IBAN : est-ce risqué ?
On vous demande votre IBAN pour un salaire, un loyer, un abonnement. Le donner est normal : c’est fait pour recevoir de l’argent. Il existe pourtant quelques risques, surtout le prélèvement non autorisé et la fausse facture. La loi européenne vous protège, avec des délais précis.
Ce que quelqu’un peut faire avec votre IBAN
- Vous verser de l’argent. C’est l’usage normal : salaire, remboursement, allocation.
- Mettre en place un prélèvement SEPA. Un créancier a besoin d’un mandat signé par vous. Un fraudeur peut tenter de prélever sans mandat valable ; dans ce cas, le prélèvement n’est pas autorisé et vous pouvez le contester.
- Utiliser votre IBAN dans une fausse identité, par exemple pour ouvrir un abonnement à votre nom. Le risque vient surtout de la combinaison IBAN + nom + adresse + pièce d’identité.
Ce qu’il ne peut pas faire
- Faire un virement depuis votre compte : un virement est lancé par le titulaire, depuis sa banque, avec ses accès.
- Se connecter à votre banque en ligne : l’IBAN n’est ni un identifiant ni un mot de passe.
- Payer par carte avec votre compte : la carte a ses propres numéros.
L’IBAN figure d’ailleurs sur chaque facture d’entreprise et sur chaque RIB que vous transmettez. Il ne se cache pas. Ce qui se protège, ce sont vos identifiants bancaires, vos codes reçus par SMS et vos pièces d’identité.
Prélèvement SEPA : 8 semaines et 13 mois
La directive (UE) 2015/2366, dite DSP2, fixe deux délais différents. Ils ne couvrent pas la même situation.
| Situation | Délai | Texte |
|---|---|---|
| Prélèvement autorisé (vous avez signé un mandat) mais que vous contestez | 8 semaines après le débit, remboursement sans condition | DSP2, art. 76–77 |
| Prélèvement ou paiement non autorisé (aucun mandat valable) | À signaler au plus tard 13 mois après le débit | DSP2, art. 71 |
Pendant 8 semaines, vous n’avez pas à justifier votre demande pour un prélèvement SEPA autorisé. Au-delà, si vous n’aviez jamais donné de mandat, le délai de 13 mois s’applique. Dans les deux cas, adressez-vous à votre banque, pas au créancier. Le plus simple reste de lire vos relevés chaque mois : un prélèvement d’un nom inconnu se repère vite.
Vous pouvez aussi demander à votre banque de bloquer les prélèvements d’un créancier précis, ou de n’accepter que ceux de créanciers que vous avez listés. Les options dépendent de la banque.
La vérification du bénéficiaire
Depuis le 9 octobre 2025, les banques de la zone euro doivent vérifier le nom du bénéficiaire avant d’exécuter un virement. C’est l’article 5 quater du règlement (UE) n° 260/2012, ajouté par le règlement (UE) 2024/886. Vous saisissez l’IBAN et le nom ; votre banque vous indique si le nom correspond au compte avant que vous validiez. Le service est gratuit. Les pays de l’UE hors zone euro doivent l’offrir au plus tard le 9 juillet 2027.
Si l’application vous signale que le nom ne correspond pas, arrêtez-vous. Vous pouvez valider quand même, mais vous le faites en connaissance de cause.
La fausse facture avec un IBAN modifié
Le scénario est connu des entreprises comme des particuliers. Vous recevez un e-mail d’un fournisseur ou d’un artisan réel : « nos coordonnées bancaires ont changé ». La facture est la bonne, seul l’IBAN est différent. L’argent part chez le fraudeur.
- Méfiez-vous de tout changement d’IBAN annoncé par e-mail, même d’un expéditeur connu.
- Appelez le fournisseur à un numéro que vous aviez déjà, pas à celui du message.
- Regardez le code pays : un artisan français qui donne soudain un IBAN d’un autre pays doit vous alerter.
- Lisez le résultat de la vérification du bénéficiaire avant de valider.
Un IBAN qui passe notre vérificateur d’IBAN est bien formé, rien de plus. Le contrôle mathématique ne dit pas à qui appartient le compte. Un fraudeur utilise un IBAN parfaitement valide.
Vous avez envoyé de l’argent au mauvais IBAN
Selon l’article 88 de la DSP2, la banque qui exécute un virement selon l’IBAN fourni n’est pas responsable si cet IBAN était faux. Elle doit toutefois faire des efforts raisonnables pour récupérer les fonds. Contactez votre banque tout de suite : plus la demande est rapide, plus elle a de chances d’aboutir. Pour une fraude, déposez aussi plainte.
Pour éviter la faute de frappe, collez l’IBAN plutôt que de le recopier, et vérifiez les chiffres de contrôle. Le calcul est expliqué dans qu’est-ce qu’un IBAN.
Fonctionne dans votre navigateur. Ce que vous tapez n’est ni envoyé ni enregistré.
Contrôle uniquement le format et les chiffres de contrôle. Ne confirme ni l’existence du compte ni son titulaire. Selon le registre IBAN de SWIFT, mis à jour le 17 septembre 2026. · Avertissement
On refuse votre IBAN étranger : c’est interdit
Un employeur, un fournisseur d’énergie ou un opérateur ne peut pas exiger que votre compte soit dans un pays précis de l’UE pour un paiement en euros. L’article 9 du règlement (UE) n° 260/2012 l’interdit ; on parle de discrimination à l’IBAN. Un IBAN allemand, belge ou espagnol doit être accepté comme un IBAN FR. Le BIC n’est pas non plus exigible, voir IBAN et BIC.
Et sur notre site ?
Nos outils fonctionnent dans votre navigateur. Ce que vous saisissez n’est ni envoyé ni enregistré ; voir la politique de confidentialité. IbanWise n’est pas une banque et ne peut pas dire à qui appartient un compte.
Questions fréquentes
Est-il risqué d’envoyer mon RIB par e-mail ?
Le RIB est fait pour être partagé. Le risque principal est un prélèvement non autorisé, que vous pouvez contester pendant 13 mois. Évitez d’envoyer dans le même message une copie de votre pièce d’identité.
Combien de temps pour contester un prélèvement SEPA ?
8 semaines après le débit pour un prélèvement autorisé, sans avoir à vous justifier (DSP2, art. 76–77). 13 mois pour un prélèvement que vous n’avez jamais autorisé (art. 71).
La vérification du bénéficiaire est-elle payante ?
Non. Le règlement (UE) 2024/886 impose ce service gratuitement. Il est obligatoire dans la zone euro depuis le 9 octobre 2025.
Un IBAN valide garantit-il le destinataire ?
Non. La validité vérifie seulement que le numéro est bien formé. Pour le nom du titulaire, fiez-vous à la vérification du bénéficiaire de votre banque.